💜Les ponts en randonnée

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Les ponts sont nombreux et de toutes sortes en randonnée. La carte vous indiquera leur longueur, mais jamais leur type. Parfois avec rambarde, parfois sans. En pierres, en bois, en métal, en caoutchouc, en sable, une route, une voie ferrée, etc. Et surtout parfois ils sont non praticables pour les chevaux !!! Il est important d’avoir cela en tête lorsque vous préparez votre tracé car le mot “passerelle” sur une carte ne définit en aucun cas sa faisabilité à cheval. Seuls les guides équestres alentour, les CRTE, les mairies et offices de tourisme pourront alors vous renseigner.

Le pont constitue le passage étroit par excellence même s’il est large. Les chevaux débutants ou en cours d’apprentissage et développement de leur confiance en extérieur, auront tendance à vouloir cheminer bien au centre du pont, ce qui est plutôt préférable. Toutefois cela ne sera pas toujours le meilleur choix sur les ponts avec voie de circulation. Voyons ensemble comment envisager sereinement cet élément !

 

Griotte sur le pont des sources du Tarn

Principe d’évolution et comportements habituels du cheval

Le pont est un passage étroit. Les chevaux “débutants” ou naturellement “méfiants” auront donc une hésitation face à l’entrée du pont. Ils vont abaisser leur encolure, regarder et analyser le sol (sa couleur, sa texture, sa densité, son bruit, etc.). Donnez des rênes le plus possible pour lui permettre d’explorer. Ils vont ensuite regarder à droite et à gauche pour évaluer des options de passages autres que le pont. Si le cavalier confirme que la direction est bien via ce pont, le cheval va ensuite juger de la longueur du pont, et enfin de l’issue de sortie plus ou moins rapide d’accès pour lui à l’autre bout. L’entrée et / ou la sortie du pont peuvent eux-aussi être délicats, et ajouter du challenge à l’application de vos compétences. N’hésitez pas à attacher votre cheval et à aller voir la sortie du pont à pieds au préalable, pour préparer le meilleur passage.

Visez un rail précis puis dirigez le nez de votre cheval sur ce rail imaginaire, et re conduisez ce nez chaque fois s’il le quitte. N’appliquez pas de pression inutile sur le reste du corps de votre cheval avec vos jambes. Utilisez votre corps pour demander d’avancer seulement si votre cheval s’arrête, mais pas s’il ralentit. En troupeau, placez les jeunes chevaux le plus au milieu du groupe, ainsi que du pont pour leur créer un effet rassurant.

Voyons quel positionnement adopter ?

Si vous êtes seulement deux cavaliers, le cheval le plus confiant évolue devant, ou bien en dextre à côté du cheval le moins confiant ; celui-ci étant préférentiellement au centre du pont. Si vous êtes trois cavaliers, placez vous avec un cavalier confiant devant, le cheval le moins confiant en second, et le troisième cheval à ses côtés, toujours en laissant le moins confiant au centre.

Surtout ne cherchez pas à arrêter un cheval au milieu d’un pont où il ne se sent pas en sécurité. Si vous êtes en main, ne le faites pas passer devant vous pour le faire tourner ou lui faire pivoter les hanches, surtout si le sol bouge ou glisse ! Il risquerait de se faucher s’il tremble ou s’il tétanise ses membres par peur.

Le plus sécuritaire en main est de clairement monter votre énergie, et de bloquer votre espace personnel avec votre stick ou votre corde, et en selle, de vous faire aider d’un cheval plus confiant devant vous pour appliquer la stratégie du “Bip Bip poney”. Visez la queue du cheval devant vous et uniquement la queue, et faites-vous aider par le cavalier qui va protéger la “bulle” de son cheval vis à vis du vôtre.

Prenez le plus de place possible sur un pont avec des véhicules si vous évoluez en groupe ou bien avec un cheval en cours d’apprentissage. Même technique que l’évolution classique sur route, cela invite les conducteurs à ralentir voir à franchement s’arrêter. Prenez votre temps, restez calme, souriez et remerciez les automobilistes pour leur patience.

 

Pont en Ardèche

Il vaut mieux bloquer un moment la circulation,

plutôt que de se retrouver coincé au milieu d’un pont étroit,

à côté d’un car ou de véhicules, avec un cheval en panique

Education du cheval

Le tout premier principe à respecter lorsqu’un cheval hésite, quelle que soit la nature du passage, est DE NE PAS LE POUSSER, tant qu’il ralentit, observe et analyse la situation. S’il gèle son corps et se bloque, alors appliquer le principe du retrait en lui demandant de reculer de quelques pas, faire une pause pour qu’il mâchouille et reproposer d’avancer. A répéter autant de fois que nécessaire. Il s’agit du principe de retrait et d’approche par psychologie inversée, et vous confirmez alors qu’il peut avoir confiance en vous.

PREPAREZ CHEZ VOUS OU DANS UN CLUB AUTOUR DE CHEZ VOUS :

La toute première chose pour s’entraîner à lire son cheval, ses propositions, ses facilités et ses habitudes, est de lui demander de franchir une passerelle. La passerelle en bois est relativement facile à construire soi-même, et aujourd’hui les terrains de PTV ou encore de Mountain trail sont nombreux et vous trouverez bien quelqu’un avec des passerelles autour de chez vous.

 

Elwen sur la boîte à pivot

Voyez quelle confiance présente votre cheval, aussi bien en main qu’à cheval. En main, voyez s’il peut vous suivre, passer à côté de vous, ou même le conduire comme avec des longues rênes sur la passerelle. La sensation de vertige est existante pour votre cheval dès une faible hauteur de pont ou de passerelle. Cette sensation diminue pour les chevaux avec la répétition et la croissance de leur confiance dans l’apprentissage.

Vous rencontrerez toujours un pont nouveau ou avec une configuration que vous n’avez encore jamais présenté à votre cheval, et ce n’est pas grave ! Nous avons vu que pour construire la confiance, le principe de retrait et d’approche est toujours le même. L’important est de le respecter et d’évaluer toutes les options de comportements possibles. Enfin proposez de temps à autres de petits challenges divers à votre cheval qui vont développer sa confiance et son agilité comme ici avec Freestyle garée sur une souche nouvellement coupée près de chez nous :

VOUS AUREZ TOUJOURS AU MOINS TROIS SOLUTIONS SELON LES SITUATIONS EN RANDONNEE :

1) Suivre la queue du cheval qui est devant vous. Demandez au cavalier de cheminer au milieu, ou bien au milieu de la voie de droite, ainsi vous n’êtes ni trop au centre, ni trop au bord. Rien ne vous intéresse d’autre que de diriger le nez de votre cheval vers la queue de celui de devant. Une fois le nez positionné, vous avez la concentration du mental, et donc le corps de votre cheval suivra. Le cavalier devant vous peut vous aider avec un stick pour guider encolure ou épaules.

Exemple de franchissement sur un pont entièrement en métal au dessus d’une rivière.
Trois chevaux ferrés, deux chevaux pieds nus et c’était la première fois pour nos deux chevaux Viper et Freestyle que je monte sur la vidéo.

 

2) Vous faire tenir en dextre par un autre cavalier en qui vous confiez le leadership. Si vous devez dégager le pont ou une entrée de pont assez rapidement, que vous êtes à cheval, et que vous ne savez plus comment agir, alors le dextre est un choix intéressant car votre cheval trouvera un plan clair et sera rassuré par la proximité avec l’autre cheval plus confiant. Attention : le cheval tenu en dextre est toujours à droite sur un pont ou une route avec circulation ; le corps du cheval meneur servant de barrière à la circulation. Soyez précis et clair sur la place attendue du cheval de dextre. Celui-ci doit avoir son nez à côté de l’encolure ou de l’épaule du cheval du meneur, mais pas plus en avant, ou vous perdrez en leadership et donc en réponse si le cheval de dextre venait à précipiter. N’hésitez pas à le tenir assez court, ici c’est préférable.

 

Education d’une jeune jument à l’extérieur en dextre :

 

 

VIDEO DEXTRE (en construction)

 

3) Traverser en main : votre cheval est DERRIÈRE vous ! C’est important par rapport au contrôle du rail et du maintien de la connexion de votre cheval sur vous. Ne laissez pas votre cheval précipiter sur vous. Soyez ferme avec la stratégie : Reste en arrière, et synchronisez votre énergie à celle de votre cheval au besoin ! ATTENTION : ne choisissez pas cette stratégie si votre cheval parvient habituellement à “vous traverser” et que votre “bulle” est encore faible en main. Cela serait trop dangereux dans une situation où en plus l’émotionnel de votre cheval se trouve augmenté. Appliquez alors les stratégies 1 et 2 vues précedemment. Vous pourrez juger du niveau émotionnel de votre cheval dès les premiers pas sur le pont si celui-ci se gèle, se tend, piétine, esquive, etc.. Dès le moindre doute, faites-le reculer et recommencer AUTANT DE FOIS QUE NECESSAIRE, jusqu’à ce que l’émotionnel du cheval soit redescendu d’un cran ou deux ! Ici il n’est pas question de se dire “on passe vite et on verra bien” car vous verrez surtout très vite l’accident survenir.

 

VIDEO (en construction)

 

Il est important en randonnée d’évaluer très vite l’émotionnel de votre cheval

 

et de choisir un plan B plus sécuritaire ou plus éducatif

 

si le plan A devait prendre trop de temps ou trop de risques !

 

 

Pont étroit au-dessus d’un canyon. Sa difficulté réside dans la hauteur au-dessus du canyon et dans son étroitesse. Il est stable, solide et bien sécurisé avec sa double rembarde.

 

QUE FAIRE EN CAS DE …

 

  1. Le cheval qui précipite soudainement : synchronisez votre énergie à la sienne et surtout maintenez votre rail avec son nez dessus coûte que coûte et permettez-lui d’atteindre le bout, et seulement là vous fléchirez l’encolure si un besoin de reprise de contrôle urgente des pieds était nécessaire. A vous ensuite de juger si c’est un moment opportun pour installer ici une séance d’éducation en repassant le pont plusieurs fois, ou pas.
  2. Le cheval qui bloque au milieu du pont : si vous êtes seul, mettez pied à terre et prenez le temps d’abaisser la tête de votre cheval, d’avoir une attitude et une énergie calme et rassurante, et votre cheval vous suivra alors. Attention : croisez vos étriers s’il s’agit d’un pont étroit avec rambarde afin d’éviter que vos étriers ne s’y accrochent. Si vous êtes avec d’autres cavaliers, un cavalier peut revenir vers vous et vous aider de sa compagnie ou bien en dextre comme dans les stratégies d’éducation vues juste avant.
  3. Le cheval qui se gèle à l’entrée du pont : effectuez un retrait en lui demandant de reculer aussi loin que nécessaire afin qu’il puisse trouver de nouveau du confort et de la décontraction en mâchouillant et en soufflant. Vous pourrez ensuite re-proposer de vous en approcher et voir si votre cheval prend confiance à proposer davantage. Attention : certaines configurations de pont demandent un haut niveau d’agilité des pieds et donc de confiance du cheval en ses capacités personnelles. De plus, certains chevaux ont le vertige comme les humains ; cela est donc à prendre en considération. Vous seul connaissez suffisamment votre cheval, et peut-être qu’aujourd’hui pour ce pont précis, un plan E ou F sera à envisager.
  4. Doute sur la solidité du pont : attachez votre cheval et passez plusieurs fois vous-même seul, sur le pont. En cas de craquement alors que vous êtes seul, n’envisagez pas d’y amener votre cheval. Vous pouvez aussi appeler l’office de tourisme ou les guides équestres locaux pour vous renseigner sur la faisabilité du passage. Si cela est possible, observez sous le pont le nombre de linteaux de maintient de celui-ci, pour une confirmation supplémentaire de la solidité suffisante ou non. Enfin si vous choisissez de vous lancer, n’essayez pas de passer vite car vous mettrez plus de pression si votre cheval précipite. Passez calmement et en main.
  5. Lattes espacées : ne jamais emprunter un pont où vous pouvez glisser le 1er tiers du pied entre deux lattes par la pince. Un fer ou une hipposandale peut s’accrocher, ou le pied peut même s’y glisser en cas de souplesse du bois.
  6. Vais-je y arriver ? : à partir du moment où vous vous posez cette question, envisagez tous les scénarios possibles, évaluez les risques et surtout si vous choisissez d’y aller mais qu’un des scénarios non souhaités survient, il faut absolument que vous ayez réfléchi à des solutions à apporter pour chaque problème possible. Si vous pensez à un scénario sans avoir de solution, même si le risque est minime, alors n’y allez pas !

 

 

 

EXEMPLES DE PONTS ÉDUCATIFS

 

 

Toutes ces images sont des configurations parfaites pour des séances d’éducation que vous préparez à l’avance en terme de temps et de lieu.

 

DIFFÉRENTES CONFIGURATIONS EN RANDONNÉE

 

 

Pont classique en bois, solide, avec deux rembardes. L’exemple d’entraînement éducatif parfait. Sa petite technicité est l’entrée et la sortie avec une marche. Le cheval doit apprendre à prendre le temps de poser ses pieds et non enjamber sinon la glissade n’est pas loin.

 

 

 

J’ai choisi de passer plusieurs fois en main avec la jeune Freestyle. Il est très important ici de bien penser à croiser ses étriers sur la selle.

 

 

 

Pont de voie verte : Très sécurisé, relativement long et celui-ci donne un sentiment d’étroitesse avec les deux trottoirs en métal rouge. Les chevaux peuvent hésiter en lien avec la hauteur du pont et sa longueur.

 

 

 

Pont bois et pierres, sans rambarde : pont très courant en randonnée enjambant les rivières de faible importance et ruisseaux. Bien vérifier la solidité et l’état du bois avant de s’y aventurer. Ces ponts auront toujours une alternative de franchissement à même le gué en cherchant un peu en amont ou en aval.